Les auteurs.

  1. Thierry Bosquet

    “ Je suis parti de mon amour de l’art flamboyant, de l'art gothique, de toutes les cathédrales de France qui faisaient partie du meublage d'enfant que mes parents ont fait. J'ai illustré le conte comme Stephen me le demandait. Chaque illustration est une demande précise, une étape que je devais réaliser.

    Il m'a demandé d'essayer de faire un maximum de vues plongeantes, ce qui fut une prouesse technique rigolote.

    J'ai toujours essayé que la technique soit importante et prime sur le reste.

    Je trouve que dans un monde où l'art est si flottant, si incertain et si indéfini, la technique donne une assurance à ce qu'on fait."

    Thierry Bosquet, Bruxelles, Mai 2013


    Thierry Bosquet est un guetteur. Il est ce ceux dont on ne dira pas : « Il y en a si peu qui guettent l’instant ou le clair éclabousse l’obscur. » (M. de G.)

    Thierry ne se dit pas artiste. Il est peintre.

    Thierry Bosquet travaille pour l’opéra, la danse et le théâtre depuis le début des années 60, il n’arrête pas, et ne tarit pas, ni de création, ni de générosité.

    Il a réalisé son premier décor à vingt et un ans pour la Monnaie à Bruxelles. Il y fut le décorateur attitré et collabora longtemps avec Maurice Béjart. Thierry Bosquet connaît Versailles comme nul autre et a été fait Chevalier des arts et des lettres par le Ministre de la Culture de la République Française.

    Décorateur de plus de 100 opéras (décors et costumes) au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles, Thierry Bosquet a également été décorateur à l’Opéra de San Francisco, au New York City Opera, à l’Opéra de Génève, à l’Opéra de Rome, à La Scala de Milan, à l’Opéra de Munich, au Théâtre Maximo à Palerme, au Festival de Baalbek, ainsi que dans de nombreux projets à travers la scène théâtrale bruxelloise. Il a habillé Elizabeth Schwartzkopf, Kiri Te Kanawa, ou Fréderica von Stade, Jaqueline Bir, et tant d’autres.

    Ses créations de costumes ont vu le jour au Printemps Baroque de Nantes ainsi qu’à Versailles. C’est à lui que l’on doit les costumes pour l’Allée du Roi, le film de Nina Companez.

    Stephen Shank a fait appel à lui pour des décors et costumes tels ceux du Roi se meurt, de La Tempête, de La Reine Margot, Saint Julien l’hospitalier, Mademoiselle Jaïre et Le Nom de la Rose.

    Thierry est de ceux qui guettent l’instant ou le clair éclabousse l’obscur.

    Son sens du beau, son sens inné de l’histoire, sa patience et sa grande douceur s’accordent avec finesse et délices en fugue et contrepoint à éclairer l’univers de ce conte.

  2. Stephen Shank

    "« Le Mystère du carillon », c’est un vieux conte anglais que ma mère nous racontait. Ce qui me fascinait, c’était le silence des cloches, leur refus de faire ce pourquoi elles avient été créées. Enfant, je restais pantois devant l’effort fourni par ceux qui apportaient une offrande avec l’espoir que les cloches sonnent. J’étais éberlué devant toutes les créations magnifiques apportées la Nuit de Noël, et je contemplais fasciné un petit garçon debout, les yeux levés vers la voûte.

    La puissance d’un enfant, la vigueur et la superbe de la vulnérabilité, voilà ce qui me magnétisait. La chose cassée, boueuse, insignifiante, ordinaire et anodine pouvait changer le monde. Pour toutes ces raisons, elle avait le potentiel du devenir, de la transformation.

    J’aimais l’histoire de ce conte parce qu’elle se passait hors temps, dans une solitude. Je voyais la cathédrale plantée sur une plaine déserte, j’entendais la foule de voyageurs qui arrivait, sans trop savoir pourquoi, croyant à une vieille histoire étrange et impossible. Il y avait quelque chose au-delà d’eux qui les poussait ou les attirait. Ils n’auraient pas pu dire ce que c’était, la beauté de l’inconnu, la tentative de résoudre une énigme.

    Il fallait que ces cloches sonnent, elles se devaient de le faire. Donc il fallait des cadeaux. Et enfant, j’avais l’impression que la foule se bousculait comme des ganaches, à qui pousserait le plus des coudes pour arriver avec le plus bel objet.

    Et pourtant, chaque Noël ma mère racontait l’histoire. Il y avait une douceur, une certitude que les choses seraient autrement que prévues. Il y avait le son d’une voix, il y avait une musicalité, un rythme qui me tirait vers le haut.

    Le travail de Thierry est de la même race, du même acabit. Il possède une technique immense, la connaissance des matières, des couleurs, de l’histoire, de l’architecture, du costume, et une folie dans la composition. Thierry crée dans nos boîtes noires une ouverture sur la lumière et l’imaginaire. Thierry sait que le haut existe ; il tire vers le haut."

    Stephen Shank


    Stephen Shank est né en Belgique de parents américains. Il est basé à Bruxelles, d'où il travaille comme acteur et metteur en scène.

    Son travail est décrit comme physique, puissant, musical et imagé. Un fil rouge parcourt son travail: la vulnérabilité. Les vers de Yeats décrivent son moteur essentiel:

    “... But love has pitched her mansion
    in the place of excrement
    For nothing can be sole or whole
    That has not been rent.”

    (“…Pourtant l’amour a planté sa demeure
    dans le lieu d’excréments
    Car rien n’est unique et accompli
    Qui n’a d’abord été détruit…”)

    Il tourne en France avec un monologue émouvant et dérangeant, Voilà, la tranche de vie d'un homme qui se détricote dans des vapeurs d’alcool. Le milieu pénitancier l’accueille.


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